Salle 2

2/ Le Fret de retour

Il est avant tout constitué par les produits de la mer chargé à Bordeaux : En premier lieu le sel vendu par "mines". (Une mine de sel correspond à 38 litres). Ce sel est principalement livré à Montauban et à Lavaur. Ensuite les poissons salés : morue, harengs, sardines. Une mention spéciale doit être faite pour les "sardous", petites sardines livrées en baril tout comme les sardines et les harengs dont les habitants du pays toulousain étaient friands. Ce n'est pas un hasard si une vedette de la chanson originaire du Languedoc porte ce nom.
On charge aussi à Bordeaux des produits coloniaux provenant des Antilles : sucre (pains de sucre ou cassonade café, épices, des produits tinctoriaux comme l'indigo, des bois exotiques et même quelques balles de tabac et de laine. On transporte même des matières premières pour l'industrie comme la cendrée gravelée ou des barriques de sable destinées aux verreries du marquis de SOLAGE à Carmaux.
Grâce à quelques pages du carnet de bord de 1817 d'un maître de bateau : ALZONE retrouvées par son descendant et aimablement communiquées par lui, nous connaissons la liste des denrées ramenées de Bordeaux avec leur nature, le poids, le prix, et même le destinataire...

2/ Les bateaux

Villemur est de loin, le centre de construction de bateaux le plus important sur le cours de la rivière. Placé à égale distance de Gaillac, point où le Tarn devient navigable et Montauban, centre de consommation important et d’activités artisanales intenses, Villemur profite de cette situation éminemment favorable. De plus ses chantiers disposent à quelques kilomètres à peine des belles futaies de chêne de la grande forêt qui couvre 600 ha (1 300 arpents). Cette forêt seigneuriale, puis royale, puis domaniale contribuera aussi à la construction de la flotte de guerre du temps de Colbert et aussi pendant la révolution.
Des ports de toute la vallée, c’est Villemur qui arme le plus de bateaux.
En 1812, on compte 100 gabares à Villemur contre 50 à Montauban et 60 à Moissac.
Les charpentiers de marine avaient établi leurs chantiers au pied même des maisons de la ville en un lieu appelé la Calle, un peu en aval de l’écluse actuelle. Les matériaux étaient acheminés, depuis le faubourg Saint-Jean par le chemin de halage. Les compagnons gagnaient le lieu de travail par la fausse porte du coin de la place de la mairie en descendant l’escalier qui conduit au bord de la rivière.
Les gabares construites à Villemur sont de grandes barques à fond plat pour franchie les passes peu profondes et mieux glisser sur les passelis.

 

Passelis ou Pas Navigal

Passelis ou Pas Navigal

Domicile des Maîtres de bateau venus charger du vin à Gaillac d’après les déclarations d’embarquement faites au greffe de la communauté (Source AM Gaillac HH5)

(Source AM Gaillac HH5)

Domicile des Maîtres de bateau venus charger
du vin à Gaillac d’après les déclarations
d’embarquement au greffe de la communauté
  • Marins et maîtres de bateau assurent le transport des marchandises dans des conditions difficiles. On les retrouve en grand nombre dans des ports d’embarquement de marchandises : à Moissac, Montauban et Villemur.
  • Par sa position proche de Fronton et de Toulouse, Villemur est un
  • carrefour commercial important et offre une grande concentration des
  • hommes de l’eau.
    •Les maîtres de bateau, souvent des marchands, ont un ou plusieurs
  • bateaux. Ils peuvent personnellement prendre la barre de leur embarcation ou y délèguent un « patron », le nom donné au marinier. responsable de la navigation, un bon connaisseur de la rivière ...
Vue du chantier naval devant la tour de Défense - 10 juin 1906

Vue du chantier naval devant la tour de Défense - 10 juin 1906