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Ainsi au XVIIIe siècle y-a-t-il 13 chaussées* ou digues entre Albi et la Garonne, dont 8 à l'aval de Gaillac dans la partie navigué de la rivière. Deux sont situées dans l'actuel département du Tarn à Lisle et Rabastens, une en Haute-Garonne à Villemur-sur-Tarn, quatre à Montauban ou dans ses environs immédiats Corbarieu, Sapiac, Albarède, Lagarde, une enfin à Moissac.
Certes elles "retiennent les eaux et empêchent la rapidité de leur écoulement", ce qui est favorable à une navigation plus calme et moins dangereuse puisque le tirant d'eau est momentanément accru, mais au prix d'une barrière qu'il faut évidemment franchir, sans que la dénivellation créée soit fatale à l'embarcation.
La mauvaise grâce des meuniers égale à peu près toujours celle des maîtres de bateaux, conflit éternel.
Sur le Tarn, les meuniers ont souvent été plus fort que les maîtres de bateau : la digue ou chaussée de Corbarieu a été fermée sans interruption de 1766 à 1768, et partiellement en 1769 en prétextant de fantomatiques réparations.
Lors de la création de la Société du moulin de Bessières en1841 (reprise des statuts formés en 1837), le marquis de Lostange, déclare avoir "le barrage de l'Escalère, situé dans sa propriété, du côté des deux rives du Tarn" (commune de Bondigoux). Son édification est décidée en 1837, achevée avant 1841.
1838 : construction de l'écluse avec celle de Bessières et Saint-Sulpice.
* Dans la Haute-Garonne, le nombre des chaussées a vu son nombre croitre puisqu'à celle de Villemur sont venus se rajouter celles de l'Escalère, des Derrocades, et de Bessières.

 

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Elles sont étroites pour franchir les écluses et nécessairement longues pour atteindre un tonnage suffisant. Elles sont dotées d’un mat avec une voile destinée à faciliter la remontée en utilisant la force du vent dominant d’ouest. Cependant, en raison du cours sinueux de la rivière et des caprices du temps, la voile était peu utilisée. Elle servait aussi à abriter par mauvais temps les hommes et les marchandises. L’avant du bateau était ponté sur une faible longueur : c’est la «tille» (tillac) réservée aux provisions et aux vêtements Il a pour gouvernail une rame fixée à la poupe par un dispositif entièrement en bois. Elle le dépasse en aval de la moitié de sa longueur soit environ 10 mètres pour une gabare. Le maître de bateau tient la barre, aidé par les marins lors des manœuvres délicates. Germain GALAN, dans ses chantiers, construit 3 sortes de bateaux.

Ainsi en 1781, il livre à Pierre FONTAN une gabare qui mesurait près de 20 mètres de long pour 2 mètre de large, et 1,18 mètre. Un tel vaisseau jaugeait 25 tonneaux et pouvait transporter une cargaison de 30 tonnes. La «Renougiane» commandée par BOUCABIN en 1793 était plus petite. Elle mesurait 15,30 mètre de long, 1,90 mètre de large pour 1,10 mètre de haut. On construisait aussi de petite gabares ou « garabots » (déformation du mot gabarots) Germain GALAN construisit un bateau de ce type pour l’ARNAUD, pêcheur de poissons à Mirepoix. Ces garabots utilisés aussi par les pêcheurs de sable évoluaient dans un même bief.

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Les flux d'échanges jusqu’au XVIIIe siècle Vins - Bois - Eau de vie - Minot - Pastel, etc.

Vers 1812, près de 4 000 personnes participaient aux activités liées à la batellerie du Tarn. On compte à cette date 250 bateaux qui, avec un équipage de 8 hommes, y compris le maître de bateau, constituent un effectif de 2 000 marins. Il faut ajouter à cela un millier de haleurs au moins. Le reste est constitué par les activités annexes comme les cordiers, les fabricants de voiles.