Salle 2

Le commerce garonnais du pastel se développe au XVIe siècle
  • Produit en Lauragais ou Albigeois, l’essor du commerce du pastel est dû aux Lancefoc et aux Assezat. Associé aux marchands italiens de Lyon, les Bonvisi, qui investissent un capital considérable dans le commerce du Pastel.
  • Simon Lancefoc multiplie les envois sur Bordeaux par la Garonne pour une réexportation vers Londres, Anvers et Rouen.
  • Le marchand utilise les mariniers de la Garonne et du Tarn à Moissac, Montauban ou Agen : en avant du courau qui descend le fleuve, un cavalier galope ; Il a sur lui l’argent monnayé nécessaire pour payer « le complément de son port », salaires des mariniers et frais des facteurs de Bordeaux.
  • Le commerce du minot, une rente extraordinaire.
  • Les gabares du Tarn sont utilisées pour acheminer le minot, cette farine de première qualité que l’on transporte dans des tonneaux en bois
  • Favorisé par une production excédentaire de blé de qualité, cultivé sur les coteaux surplombant le Tarn et l’Aveyron, le commerce du minot connait un grand succès en Quercy et en Albigeois. Montauban et Moissac resplendissent en profitant de la réussite de leurs négociants.
  • Alors que les anciens moulins ont un grand essor, les constructions de moulin neufs et modernes se multiplient : Sainte-Livrade et Palisse-sur-le- Tarn, une bâtisse imposante qui rivalise par sa taille avec le moulin de Moissac.
  • Plus de 800.000 barils de farine en 1786, soit à peu près 152.000 tonnes ont ainsi été acheminés par trafics directes ou induits, vers le port de Bordeaux.jusqu’à Bordeaux et jusqu’aux Amériques.
Vue du Port de Bordeaux par Pierre Lacour

Vue du Port de Bordeaux par Pierre Lacour

Le port de Bordeaux connaît son âge d’or entre les années 1720 et le début des années 1780
  • Il est le principal port de marchandises de la vallée de la Garonne et de ses affluents.
  • À la fin du règne de Louis XV et au début de celui de Louis XVI, entre 1773-1774 et 1781, de 1500 à 2000 hl de vin de Gaillac circulent sur le Tarn et atteignent Bordeaux par la Garonne. Toutefois ces flux de vins ne dépassent pas celui des bonnes années du Moyen-Âge, et ils restent très inférieurs à ce que les vignobles de la vallée du Lot envoient à Bordeaux.

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La chute sérieuse du traffic se poursuit, au début du XIXe siècle
Des conditions de navigation pleines d’embûches pour ces «galériens en liberté»
  • Un équipage se compose de trois hommes à bord, au minimum. Un ou 2 hommes de plus sont souvent nécessaires, car il est utile d’avoir, en remorque une barque, une allège qui permette de délester le bateau d’une partie de sa cargaison pour passer les maigres, les hauts fonds.
  • Souvent difficiles à passer sont les «malpas» les mauvais passages ; comme celui de Sainte Livrade près de Moissac.
  •  Trois à huit marins pourvoient l’embarcation à la descente. À la «remonte», il faut multiplier par deux les équipages soit de 8 à 12 hommes de plus.
  • Une dure vie à bord.
  • Le marinier effectue un travail de galérien car la navigation n’est pas de tout repos.
  • Les naufrages étaient fréquents.

 

TEXTE NAUFRAGE NOTAIRE + TEXTE DELVIT : 3 HOMMES ET UN BATEAUX

  • En cas de naufrage, il va de soi que tout le monde s’est activé pour sauver la cargaison.
  • On voit dans les déclarations s’activer les sauveteurs :
  • Le meunier ou le laboureur qui, travaillant à proximité du sinistre, viennent prêter main forte à l’équipage.
  • Naufrage à Villebrumier le 3 février 1786.
  • Benoît Lacombe, un riche négociant gallicans s’inquiète de sa cargaison dans une lettre à son frère.
Le déclin de la navigation sur la Garonne et ses affluents
Vue du Port de Bordeaux par © François Beaudouin

Vue du Port de Bordeaux par © François Beaudouin

  • La première étape du déclin s’est produite à la fin des années 1780 pour la plupart des négoces. Dès la fin de la guerre d’Amérique en 1783, et pour encourager la jeune république des États-Unis, le gouvernement royal annonce qu’il n’interdit plus l’entrée des farines dans les colonies de Saint-Domingue et des Antilles.
  • L’obligation faite aux colons d’acheter uniquement en métropole, en vertu de l’«exclusif» est abolie ; ce choix politique met fin à l’importation du minot aquitain. Une chute sérieuse du traffic se poursuit avec la Révolution et au début du XIX ème siècle, les échanges se limitent aux produits courants.
  • Le système du commerce colonial est remis en cause à la fin du siècle
  • L’été 1789 amène d’autres bouleversements encore plus profonds : La liberté du commerce et la liberté des hommes, deux principes bien accueillis, sauf lorsqu’ils s’appliquent aux esclaves des colonies, de Saint- Domingue, de la Martinique, de la Guadeloupe.
  • L’incertitude politique, les révoltes comme celle de Toussaint Louverture. La chute sérieuse du traffic se poursuit, au début du XIXe siècle tout concourt alors à restreindre les importations.