Salle 2

Une renaissance éphémère

Entre 1840 et 1865, un renouveau se constate à une époque de croissance économique.
La batellerie profite de cet essor et assure un transport intensif de marchandises. En aval de Montauban circulent 1905 bateaux chargés, de 1840 à 1845, et 1553 en amont.

Viennent au premier rang des marchandises expédiées les produits pondéreux comme le charbon, le bois, les engrais et les matériaux de construction. Les seuls produits alimentaires qui continuent à être exportés sont les grains et les eaux-de-vie.

À ce moment-là, la navigation s’améliore grâce à la construction d’écluses, à l’amélioration des chemins de halage. Dans les années 1840 l’achèvement du canal latéral à la Garonne permet d’aller directement de Toulouse à Moissac par la voie de l’eau. La batellerie préfère d’ailleurs délaisser le Tarn entre Montauban et Moissac pour emprunter un canal plus facile à naviguer que la rivière.

la première locomotive, démontée, a remonté le Tarn depuis Montauban vers Albi (1854), cela afin de rejoindre la ligne Albi-Carmaux.

la première locomotive, démontée, a remonté le Tarn depuis Montauban vers Albi (1854), cela afin de rejoindre la ligne Albi-Carmaux.

L’avènement du chemin de fer, sous le Second Empire porte un coup fatal à la navigation fluviale. Dès 1856, l’achèvement de la ligne Bordeaux-Toulouse par Montauban réduit considérablement le trafic sur la Garonne. En quelques années la navigation sur la Garonne s’effondre. des centaines de bateliers dont la vie est attachée à la rivière perdent leur emploi, victimes des impérieuses lois de la rentabilité.

 

Raymond_PoincaréAvec les chemins de fer, les transports peuvent se faire beaucoup plus vite et à de plus grandes distances.

De nouveaux trafics s’organisent et, surtout, l’économie régionale s’offre de nouveaux débouchés et peut recevoir de nouvelles marchandises qui permettent de moderniser les activités ... Les hommes de l’eau qui donnaient vie à la rivière, appartiennent, dès le début du XX e siècle, au monde de l’oubli ...

En 1926 Raymond Poincaré déclassait le Tarn en tant que voie navigable et ses écluses furent fermées.

 

 

Apogée et déclin de la batellerie

Vers 1850, sous le second Empire, d'importants travaux furent entrepris sur le Tarn : création ou aménagement de chaussées, installation de nouvelles écluses, remise en état des chemins de halage. La navigation est considérablement améliorée sur la rivière qui livre passage à des bateaux d'un tonnage plus important. La gabare en bois cède la place à des chalands en métal. La batellerie sur le Tarn connaît son apogée en 1857 avec un trafic annuel de 70 000 tonnes, dû en grande partie au transport du charbon de Gaillac à Montauban où il est embarqué sur le canal latéral récemment ouvert. Mais c'est le chant du cygne de cette activité séculaire. Le chemin de fer va provoquer son inéluctable déclin. Déjà en 1857, le rail relie Carmaux à Albi.

En 1862, après l'ouverture de la voix ferrée Bordeaux Cette (Sète) le charbon est chargé à Montauban sur les wagons de la Compagnie du Midi. En 1864 la création de la ligne Toulouse-Albi va précipiter le mouvement. En 1871 on constate une chute de 90% du fret fluvial. La défaite, et la crise économique qui suivit expliquent en partie cet effondrement. Le trafic fluvial restera encore relativement important et se décomposera comme suit : vins 50 % - céréales 15% - divers 35 %

En 1885, l'ouverture de la ligne Montauban-Castres va sonner le glas du trafic sur le Tarn. En 1896 ne figurent plus à Villemur, sur le recensement nominatif que 2 pêcheurs de sable, 4 pêcheurs de poissons, et seulement 5 marins dont le plus jeune Joseph VALADE à déjà plus de 50 ans.

La batellerie connu un regain d'activité entre 1905 et 1908 avec la création d'une flottille de péniches à vapeur par la compagnie des vapeurs tarnais qui comptait 4 remorqueurs et 22 bateaux. En 1914, le réseau ferroviaire se trouva désorganisé car l'armée mobilisait une grande partie du parc de wagons pour acheminer vers le front hommes, vivres, matériel, et munitions.

peniche

Le gouvernement demanda aux chefs d'entreprises d'utiliser en priorité pour les transports, la route et la voie d'eau. À Villemur, Monsieur Antonin BRUSSON, industriel fit appel à la batellerie pour approvisionner son usine en charbon et en cartonnages. Il fit même remettre en état le "Triomphant" une péniche à vapeur achetée d'occasion. Pour son premier voyage, il la confia à un certain MALPEL, plus connu par son surnom :"Lou Catet de la Ménino", qui hélas n'avait aucune expérience. Obéissant mal à son pilote, l'embarcation manqua l'entrée de l'écluse des Derrocades et s'écrasa sur la chaussée. Il n'y eut heureusement aucune victime dans ce naufrage qui marqua la fin du "Triomphant".

La cause de la navigation était définitivement perdue. Pour la dernière fois l'écluse de Villemur fut franchie par un bateau : la péniche à vapeur le "Charlot" C'était en 1922.

charlot